Dropping Knowledge
Grâce au numéro d'Hiver dernier du magazine Blast, j'ai pu découvrir le site Dropping Knowledge (en anglais le plus souvent), qui se propose d'être le lien, la zone de dialogue, d'échanges, de confrontations entre personnes s'interrogeant, ceux voulant mieux comprendre pour éventuellement mieux s'engager, et celles ayant un début de réponse. Une base de réflexion collective, un dialogue au niveau mondial, l'encyclopédie des problématiques sociales, économiques et autres.
Le magazine "Blast" a traduit quelques échanges. A titre d'exemple, je vous livre celui ci : China Keitetsi, auteur du livre "La petite fille à la kalachnikov : ma vie d'enfant soldat", en réponse à la question posée par Nicola Brown de Devon en Angleterre : "Pourquoi considère t on que certaines vies ont plus de valeurs que d'autres ?".
"Je crois que ça dépend du pays ; de l'argent qu'ils ont. Alors, ils deviennent plus importants. Par exemple : en Afrique 200 enfants soldats sont tués et l'information n'est même pas relayée ; 300 enfants soldats sont tués et enterrés dans la brousse, et l'on ne le saura jamais. Mais si un soldat américain, si un soldat européen est tué, ce sont des nouvelles juteuses pour les médias. Je crois qu'on a vu trop de tueries dans les pays pauvres. Les guerres, par exemple. Au Rwanda, où un million de gens sont morts, ou au Congo, où des millions sont en train de mourir; ou dans le nord de l'Ouganda, où la moitié des petites filles tombent enceinte à la suite de viols de factions rebelles. Et tout ça a tellement peu d'importance. Ca n'est pas dans les informations du jour, personne ne s'en indigne. Et lorsque beaucoup de gens sont tués, à la fin, la valeur d'une vie humaine individuelle devient proche de zéro. Il faut qu'un million meurent pour qu'on entendent un cri d'horreur. Ici, en Europe, n'importe quel accident mobilise des psychologues qui courent après vous pour vous guérir. Au Rwanda, personne n'a reçu aucun soutien psychologique après avoir perdu toute sa famille. Cela m'a étonné, et ça m'étonne toujours que ces africains, après avoir tout perdu, tellement enduré, puissent continuer à sourire, qu'ils continuent à sourire. ".
Vous noterez la qualité du regard de cette femme, et la puissance de sa dernière phrase.
Autres échanges et débats de grand intérêt, sur des sujets très variés sont donc ici.
1 commentaire:
Merci.
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