25 juin 2006

Méthode à expérimenter : l'écriture par l'écoeurement

Jusque là j'avais écrit mes textes, nouvelles ou romans, plutôt vite. Jusque là écrire vite avait été une qualité ; ou au moins un avantage. Aujourd'hui ça me gratte.
Peut-être me suis-je lassé un peu vite de Bachir. Après deux pages toute conclusion est hâtive. Mais j'ai tôt eu l'impression que le style n'allait plus. Que déjà deux styles s'opposaient. Et puis ça va trop vite. Ce que je veux désormais, c'est accepter ce qu'il faut , et ce qu'il faut c'est prendre le temps. De développer. Revenir. Jeter les fondements des chapitres en vitesse, puis y retourner consciencieusement. Il faut que je me force à découvrir cette nouvelle méthode de travail qui consiste à écrire lentement comme on construit une cathédrale (ok, disons une église, ça va). C'est passionnant comme ça mais putain ça noue l'estomac.
Ce que je reconnais aux quelques lignes produites pour Bachir, ce sont les premiers mots. Ces trois ou quatre phrases qui ouvrent le roman. Là, il y a du style, un style vers lequel je veux tendre. C'est pas mal ça. Ce qui suit ressemble beaucoup plus à ce que je sais déjà faire, et ça m'intéresse beaucoup moins. Je subis alors une démangeaison : je me dis qu'il faut à chaque paragraphe redresser le style. Tordre le texte naturel de façon artificielle pour récupérer les écarts de style. Mais ne suis-je pas trop cruel avec moi-même ? Ne devrais-je pas poursuivre, me faire violence ? Ecrire bourré ? Trouver un moyen de me rassurer ? Lâcher prise et tracer des lignes ?
Vous avez déjà essayé d'écrire en vous faisant violence ? Et puis je lis d'autres choses, je vois d'autres travaux, forcément les miens me semblent si fades. Jusqu'à l'écoeurement.
Du coup hop je change d'angle, radical. J'ouvre un nouveau projet où la seule contrainte est le plaisir simple d'aligner. Un jeu d'enfant, qui étale devant lui des cubes de couleur sans se poser plus de questions que ça. Ca me fait du bien, oui, tant que je ne relis pas. Tant que je ne me confronte pas au problème, justement, du style. Second écoeurement.
Méthode à tester : jongler d'un écoeurement à l'autre. Pousser le bouchon dans un sens tant que ça va, et quand ça ne va plus switcher vers le second. Et ainsi de suite. L'art du yo-yo.
Il doit y avoir des leçons de zen là-dedans. Qu'elles se pointent vite, par pitié.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

selon un grande évidence, "les choix les plus intéressants ne sont jamais les plus faciles"....
Mais c'est vrai qu'avec les "365 jours zen" sous la main c'est plus simple à vivre ! ;-)