Rock'n roll attitude
C.R.A.Z.Y. est un film qui parle de la vie. Donc forcément un peu de la votre. De sa propre vie ou d'événements ayant touchés des proches ou des plus loin.
C.R.A.Z.Y., c'est l'histoire suffisamment commune d'un dénommé Zac que l'on va suivre de sa naissance jusqu'à ses 25 ans environ. Il est le quatrième d'une poignée de 5 garçons. Il y a le sportif/péteur, l'intellectuel qui lit tout (avec une prédilection pour les étiquettes d'emballage), l'aîné junky/rockeur, et le petit dernier surnommé affectueusement "bouboule". Et il y a donc Zac, qui se découvre homosexuel mais le refoule, tentant vainement de se convaincre d'une "normative" hétérosexualité. Zac cherche sa place.
Fragilisé par sa mère le couvant d'affection et d'espoirs (Zac est né un 25 Décembre et, chrétienne, elle est persuadée que "son Jésus" a des dons de guérisseurs...). Il est surtout ancré dans une une relation intense aux variations abyssales avec un père bourru et tendre (le point de rupture étant situé le jour où Zack brise le disque import tant chéri par son père de "Crazy" - de la chanteuse Patsy Cline -). Vous l'aurez compris : la famille Beaulieu est donc convenablement barrée, coincée entre leur foi chrétienne et leur fils ainé junkie, un autre probablement gay et la pratique de la sodomie (...).
C.R.A.Z.Y. est surtout une histoire d'amour entre un père et son fils mais c'est aussi l'histoire d'un combat intérieur. Zac, rompu à retrouver l'amour de son père qu'il lui manque tant, se demande jusqu'où il peut aller, et par là même s'oublier et se mentir, pour satisfaire les attentes de ses parents. La difficulté étant de se trouver soi même. De s'accepter, de se comprendre pour qu'on nous comprenne. Dans certains films, la question de la tolérance, de la sexualité est souvent forcée et évoquée à grands traits et devient caricaturale. Ce n'est pas le cas ici. Le pathos guette mais ne vient jamais.
La vision du réalisateur est juste et attachante. Il ne juge pas. Il en ressort un film parfois très drôle, mais surtout fort émouvant.
Le film délivre un beau message d'espoir et de foi. Pas de foi chrétienne ou d'une quelconque autre foi religieuse. Non celle que l'on porte en soi. La confiance que l'on a en son intuition, en ses choix.
Dans ce deuxième long de Jean Marc Vallée, on peut trouver plusieurs lacunes que je perçois aisément avec le recul, mais qui viendront surtout du fait qu'on intellectualise le film mais qu'on ne le ressente pas. Pour moi (pour vous ce sera peut être différent et tant mieux), CRAZY fait simplement partie des films qui, une fois le générique de fin entamé, vous font sentir que ce film e(s)t vous, ce ne sera pas une histoire sans lendemain.
1 commentaire:
Je me demandais si j'allais aller le voir. Tu m'as convaincue !
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