15 décembre 2007

My Blueberry Nights : la romance au goût de myrtille

Certains l'attendaient, d'autres pas du tout, moi beaucoup. Wong Kar Waï ressert le couvert avec My Blueberry Nights.

Après avoir présidé le festival de cannes 2006, Wong Kar Waï fait l'ouverture de l'édition 2007 avec ce film, qui a commencé sa carrière dans les salles françaises le 28 novembre.
Quelques années donc après le long tournage de "2046" (2004), ce réalisateur de Hong Kong (ayant produit également le célèbre "In The Mood for Love", 2000) sort un film qui se rapproche de ses lointaines premières productions.

Un petit tour sur le site officiel avant de se rendre au cinéma pour s'assurer que tout y est ; les couleurs saturées, un comptoir de bar-bouffe, un baiser, une romance... Un voyage, oui ça sent le "Chungking Express" (1994) voire même "Les anges déchus" (1995). Et c'est pas une idée qui me déplaira, étant largement resté sur les films de cette époque.

Le premier changement à constater rien que sur l'affiche est le casting. Des acteurs américains (et non asiatiques) : Jude Law, la chanteuse Norah Jones pour les rôles principaux, suivis de Natalie Portman, David Strathairn ("Good night, and good luck") et Rachel Weisz ("The fountain") pour les autres. Et puis New York ! New York, USA, ouais. Plus de Hong Kong, plus de Chine, plus d'Asie. Ca peut choquer, intriguer voire enthousiasmer l'air de rien, étant habitué à une certaine chinoiserie stéréotypée de la part du réalisateur.

Mais au final dès les premières minutes, on reconnaît sa signature, on est pas perdu, c'est le moins qu'on puisse dire. Et même pour tout dire, on est pas assez perdu justement. L'histoire ; un bar, un diner américain, tenu par un émouvant barman (J.Law), une femme Elizabeth (N.Jones) y entre un peu par hasard après une rupture amoureuse. Et un "petit-quelque-chose-de-magique-à-la-Kar-Waï" se passe entre eux. Avec ce huis-clos dans un bar, la relation entre un barman et une femme de passage, des détails comme le jeu avec une caméra, on commence à se dire qu'il y a un peu de foutage de gueule et qu'on se repaye un "Chungking Express" transposé aux US, 10 ans après, mais en moins bon.

Malgré tout le jeu des acteurs est dès le début au rendez-vous. Surtout pour une N.Jones qui dégage ici une certaine aura et un J.Law fidèle à lui-même. Mais voilà, intérieurement on maugrée au mauvais auto-remake américain. O rage et désespoir. (Si vous n'avez pas vu le film de 94 ici incriminé, veuillez ignorer mes maugrééments et sauter au paragraphe suivant, merci)

Heureusement au moment où l'on commence à vraiment se dire ça, ce qu'on peut appeler le premier chapitre du film s'achève. Elizabeth décide de partir, explorer le continent, les gens et sa propre vie. Et cette fois-ci il ne nous offrira pas l'histoire de l'hôtesse de l'air qui part on ne sait où pour revenir on ne sait quand. Non cette fois-ci on suit l'intéressée. Et s'enchaîne alors un road movie jouant sur les émotions des diverses rencontres d'Elizabeth qui va traverser les US au grès de petits boulots de serveuses (les bars, les restaurants, comme toujours chez Kar-Waï).

Oh et puis on s'en balance du reste finalement. On se laisse prendre doucement...

Un road movie sentimental, une belle tranche d'images, une rencontre, l'amour et tout ça et tout ça sont au rendez vous. Une belle réalisation.

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