Boris Cyrulnik :
c'est bon pour la croissance
Depuis le 30 août 2007, Boris Cyrulnik a été appelé à participer à la commission Attali chargée de réfléchir aux freins à la croissance. Au delà de toute polémique sur "l'ouverture", on ne peut que se féliciter que le gouvernement convie des consultants de cette qualité.
Rendu célèbre par ses travaux sur la résilience, Boris Cyrulnik participe volontiers à des émissions de TV ou de radio, des chroniques dans la presse (de La Recherche à Psychologies Magazine), et se prête souvent au jeu de l'interview.
C'est donc au détour d'un magazine que j'ai lu ses paroles pour la première fois il y a quelques années. Il y développait le fameux concept de résilience qui pourrait se définir comme ce que l'on a fait de la blessure qui nous a meurtri, quel que soit le détour, artistique, intellectuel ou humain, choisi pour sublimer le fracas.
Sa réflexion résolument optimiste, tellement "anti-déterministe" m'a entraînée vers la lecture de ses nombreux ouvrages, et après Boris Cyrulnik neuropsychiatre, j'ai découvert les travaux tout aussi passionnants de l'éthologue (spécialiste du comportement animal), puis, un petit peu de l'homme...
Invité en tant qu'ancien éléve du lycée Jacques Decour, il est venu offrir une conférence suivie d'une discussion aux élèves puis aux enseignants à l'occasion d'une journée de commémoration et de prévention des crimes contre l'humanité.
Pudique et sincère, il s'est un peu raconté, un journal indiscret ayant publié son histoire personnelle, il choisissait à présent d'en partager quelques souvenirs publiquement.
De son expérience d'enfant traqué par la Gestapo, orphelin et survivant, cet homme incarne pleinement le concept de résilience. Littéralement lumineux, il offre des pistes de réflexion profondes à chaque phrase, à travers une anecdote, un souvenir, un détail...
Ce soir-là, parmi bien des sujets, il évoquait son point de vue sur les origines d'un génocide.
Il expliquait comment la culture de clan, la communauté, pouvait constituer un cocon rassurant glissant parfois vers l'absence d'empathie, puis vers la violence froide légitimée par la morale.
En effet, quand les idées et autres théories sont intégrées au sein d'un pouvoir, le danger est qu'elles arrivent à la négation de l'humain. Et qu'elles justifient des actes visant à éliminer l'autre, débarrassés de tout affect.
Je retrouvais quelques éléments de réflexion à ce sujet dans Dialogue sur la nature humaine (Aube Poche), conversation avec le sociologue Edgar Morin. Là encore il évoque le pouvoir des idées, l'Homme étant capable de tuer ou de mourir pour des idées, et pour l'idée que l'on se fait de l'autre. Exterminer l'autre au nom d'une logique et d'une morale à toute épreuve est à la base de tout génocide, de toute entreprise de destruction en masse d'une population.
Boris Cyrulnik poursuit son travail de réflexion sur ce thème, puisque dans La Recherche (numéro d'été 2007), sa chronique souligne le danger de la pensée simple, logique, satisfaisante au sujet d'un problème complexe (ici la violence des enfants). Il appelle les décideurs au pouvoir à ne pas se satisfaire d'une idée claire et simple pour trancher, à ne pas se couper du réel, si complexe et si "multifactoriel", à dépasser le champ médico-scientifique pour comprendre et entrevoir des solutions efficaces, mais toujours humaines.
Oui, décidément, c'est une excellente nouvelle de savoir Boris Cyrulnik apporter son grain de sel dans des discussions destinées à éclairer le gouvernement...
1 commentaire:
Boris Cyrulnik contre Céline Dion !!!
Paf ! C'est le choc des cultures.
Euh, Boris, y a pas d'offense, hein ?
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