09 septembre 2007

Craquez pour Half Nelson


Quand on est en vacances à Paris et qu'il n'y a pas moyen de se poser en terrasse, de buller dans un parc ou en bord de Seine comme pendant tout été qui se respecte, on fait quoi ? On va au cinéma ! Et on va voir Half Nelson s'il-vous-plaît, encore un petit bijou du ciné indépendant américain que j'aime tant.
Servi par une mise en scène brillante et une interprétation toute en finesse, ce film m'a profondément touchée.
Dan Dunne est prof dans un quartier populaire de New-York et les moments passés avec ses élèves sont pour lui les seules fenêtres ouvertes sur la réalité. Le reste du temps, il se défonce au crack.
Dan Dunne agace, lorsqu'il mène ses cours d'histoire « à l'américaine » sur le mode du dialogue cool avec les mômes, enseignant démago et j'en-foutiste gentiment méprisé par sa classe. Il déçoit, incapable d'entretenir une relation normale avec qui que ce soit, comme emmuré dans sa détresse insondable.
C'est pourtant l'une de ses élèves qui va le bousculer et le sortir de sa torpeur, rencontre improbable entre cette petite un peu livrée à elle-même mais si lucide, elle dégage une sorte d'innocence désenchantée doublée d'une étonnante pugnacité.
Terrain glissant que d'aborder le thème de la relation prof-élève sous cet angle, mais ô combien crédible. L'histoire d'une rencontre aussi déroutante que salvatrice pour deux individus que rien ne pouvait réunir, au-delà du contexte scolaire, sans pour autant tomber dans l'ambigüité de la séduction...
Half Nelson pose un regard subtil et réaliste sur un sujet peu exploité : quand le bon sens veut que ce soit le valeureux professeur qui montre le chemin, la situation inverse semble inédite mais elle n'en est pas moins juste.

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