chagrin pour soi
«On en ose des trucs quand on a quatorze ans. on en a de l'audace plein le tann's, les jean's neige rock'n'roll et les patchs à tête de mort pour dire qu'on n'a pas peur, nous, d'envoyer le monde entier se faire foutre. Les profs, les parents, la société, l'avenir : on empale tout sur un majeur dressé bien haut.
Mais allez donc dire à cette fille que vous l'aimez.
Sur la photo de classe, on espère être le seul à la voir. On espère que les autres passeront à côté de son sourire si beau. Elle est discrète, aux bras de ses copines, il y en a une qui la fait rire et heureusement parce que sinon elle ne supporte pas les photos, elle. Sur les photos elle fait la tête quand on ne la fait pas rire.
Loin, loin, plus loin encore de ce jour de photo de classe quelqu'un que vous ne connaîtrez jamais l'entendra dire cette aberration : "je ne suis pas photogénique". Vous en voudriez à ce type, pour un peu. Lui, ce salaud, il aura le loisir de la regarder dire ça, et probablement rougir aussi. Il sera là, l'oeil en coin, rien à faire de ce qu'elle raconte, juste il la verra dire "je ne suis pas photogénique" et il prendra beaucoup de plaisir à l'écouter dire ça. Pas pour ce qu'elle dit, mais pour le plaisir de l'aveu. cet aveu complètement faux.
Il y a des millions d'aveux faux, comme ça (...).»
Lire la suite sur le blog d'Yves Remord.
1 commentaire:
Yves !
ça fait du bien de te revoir dans les parages.
Faut pas t'arrêter en si bon chemin. Remets une tournée quand tu veux. Je guette
F
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