This is Hardcore de Pulp
Cette photo est la pochette du disque This is Hardcore - j'adore ce titre d'album - du groupe Pulp.
1998, fin du printemps, je déambule dans un grand mégastore culturel des Champs Elysées et je tombe en arrêt devant une énorme PLV faisant la promo de cet album. "Wow" disai-je alors.
Presque 10 ans après, c'est ce que je dis encore aujourd'hui à chaque fois que mon regard croise cette pochette. Pourquoi ? C'est grave docteur ? Je ne sais pas. Et je crois bien que je m'en moque.
L'image en image.
2 commentaires:
1.superbe blonde affalée nue SUR LE VENTRE !!!!
2.hardcore et tout ce que ça sous-entend
Et tu te demandes pourquoi ça fait waou
Bon, je vais préciser mon "Wow".
Ca me rappelle une discussion avec un pote qu'on avait eu au sujet de cette pochette qui m'avait tant interpellé. Lui y voyait clairement un vocabulaire sexuel, voire de soumission. Moi, je voyait surtout ce regard. Et ce teint blafard. Bref, faisons court : je n'y vois que la mort. Un corps désincarné. Comme les mannequins ultra réels qu'ils utilisent pour exposer des vêtements, et qu'on peut voir dans certaines vitrines de sapes de luxe.
J'y vois donc du luxe, de la sophistication mais surtout de la solitude, de l'impassibilité à ce qui l'entoure; un corps déshumanisé mis en scène dans une esthétique glamour chic très froide. J'y vois aussi de l'ultra violence, pas physique mais émotionnelle. J'y vois une absence de plaisir, une vie passée à un jeu de surface.
Voilà ce que j'y ai vu, d'où mon "Wow" (on est bien loin de l'optique "oh putain, c'est Noël : une de-blon sur mon canap', je vais lui briser les pattes arrières").
Maintenant, j'ai tellement aimé ce cliché que j'ai voulu savoir ce que les auteurs avaient voulu exprimer. Jarvis Cocker, leader et auteur des textes de Pulp, est un dandy, et il a toujours été soucieux du visuel de son groupe. Des journalistes expliquaient à la sortie de ce disque, que Jarvis et le photographe Horst Diekgerdes voulaient réaliser des photos aussi belles que parodiques, et se moquer du courant esthétique appelé "porno chic".
Donc, Clémentine, tu as eu une lecture plus proche que ce ce les auteurs ont voulu exprimés. J'y ai vu d'autres choses. L'essentiel est que tout cela révèle la qualité du cliché, car une bonne photo raconte souvent une histoire. C'est ce qui s'est passé.
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