14 mai 2007

Satori minuscule

Chère K.,

Voilà déjà quelques semaines que je m'interroge : pourquoi est-ce que je n'arrive pas à finir les livres que je commence à lire ? J'ai ai accumulé quelques uns. La Joueuse de Go, dont le style m'avaot pourtant emporté dès les premières lignes. Un joli goût, rond et sec. Impossible d'atteindre les 100 pages. Le Ravissement de Lol V. Stein : un style très pur, puis finalement très chargé, et une histoire qui, derrière sa simplicité et son faible volume de pages, s'encombre beaucoup trop pour moi. Le Braconnier de Dieu, dont la seule mention de la dédicace m'a pourtant immédiatement parlé. Le dernier lu jusqu'au bout est encore Sur la Route. Il a fallu que je me le rappelle pour me convaincre que je sais pourtant aller au bout d'un texte. Que ça m'est arrivén souvent, et que j'ai aimé ça. J'achète trop de livres, je sais que j'ai peu de chances de les terminer, et j'en rachète encore.
Je me posais cette question tandis que je lisais Printemps, Eté, second volume de l'Année Zen par Henri Brunel. Un chapître à propos de son émerveillement à la lecture de La Première Gorgée de Bière. Ce livre laisse la plupart de mes amis gros lecteurs circonspects, voire narquois. Moi, c'est vrai, je le sirote toujours avec plaisir mêlé d'admiration. Depuis mes Histoires Irlandaises, on me reparle de la Première Gorgée de Bière. Prudent je fuis toute comparaison.
Henri Brunel se rappelle que les écrivains ne se lisent pas entre eux. Ils se surveillent. D'avoir surveillé Brunel me soulage soudain.

A part ça, il faudra bientôt que je parle de la terrible difficulté d'entendre ce chef d'oeuvre qu'est l'Imprudence de Bashung.

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