27 janvier 2007

La tectonique des lettres


Un truc que j'aime bien faire, c'est lire debout, devant ma bibliothèque. C'est me laisser absorber pour quelques minutes ou quelques pages, entre deux obligations, en attendant Julie qui arrange ses cheveux juste avant de sortir, ou en attendant des amis qui viendraient dîner. Au hasard de ma bibliothèque, je grapille des pages d'un livre à l'autre, poussé par un souvenir, un goût sur les lèvres. Il s'agit exclusivement de relecture. D'ailleurs, ça m'arrive souvent lorsque je ne sais plus quoi lire et que je cherche un nouveau livre. Aucun ne m'inspire, et vient très vite le besoin d'une ambiance précise et sûre, des pages que je sais bonnes. Je cherche un velouté que je ne trouverai pas dans un livre neuf, alors je le pioche avec précision dans ceux que j'ai déjà lus. Et c'est très bon.
Il y a quelque temps j'ai ouvert un Librio de Brigitte Kernel intitulé "Un été d'écrivains". Je ne me souviens plus quand l'avoir acheté, mais je parcours la liste des auteurs dont il est question et me revient alors, sinon le quand, au moins le pourquoi : Beigbeder, Ravalec, Bruckner, entre autres. Je ne suis pas un inconditionnel de ces auteurs, mais une interview d'eux m'intéressera toujours.
A la fin d'un entretien circonstancié la journaliste égrenne un quiz aux questions toujours semblables. Quand écrivez-vous, agacez-vous votre entourage quand vous écrivez, si vous n'écriviez pas que feriez-vous... Et puis cette éternelle, à laquelle aucune réponse satisfaisante ne m'a jamais été apportée par quelque écrivain que ce soit, je dis bien jamais. Pourquoi écrivez-vous ?

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quand tu dis que les réponses à la Question ne te satisfont jamais... C'est parce que tu as l'impression que les auteurs mentent/s'illusionnent/n'ont pas la réponse... ou parce que c'est pas celle que tu attendais ? Se voir expliquer les tours de magie, c'est toujours décevant, au fond.

Anonyme a dit…

En fait, je réalise que si la question m'intéresse d'un pur point de vue de curiosité intellectuelle, je ne me la pose jamais par conviction pour mes auteurs favoris. Pour eux, ça me semble si naturel que ça se passe d'explication. La réponse fait à mon sens partie de ces secrets qui ne peuvent, par leur nature même, être communiqués : dans le meilleur des cas, on en fait l'expérience.