26 décembre 2006

Bang bang

2 shots in the head
Je viens quand même de me prendre deux petites bombes dans le crâne. Rize, et King Kong theorie.
De Rize, le film de David Lachapelle sur le krump, se dégage une énergie positive née des pires quartiers de LA, autant dire de rien. Une force spontanée qui me tire vers le haut. Je ne sais pas comment font ces danseurs pour dégager une radioactivité pareille. Une combativité pareille. Tout ce que je sais, c'est que je regarde ce que je fais d'un oeil un peu mou, après ça.
Quand à Despentes, King Kong theorie me met au tapis à chaque page. Et ce n'est pas faute de me battre : je ne suis pas du tout d'accord sur tout, bien au contraire. Sa vision ultra manichéenne de l'homme contre la femme, sa façon beaucoup trop rapide de régler son compte au mâle, ça me donne envie de mettre mes gants et de lui dire "Virginie, je ne connais aucun mec qui ressemble de près ou de loin à ceux que tu décris. Ceux dont tu parles existent certainement, mais tous ne sont pas comme ça, bien au contraire, crois-moi comme je te crois." N'empêche que chaque ligne possède une force comme un direct au bide. Et que tous mes potes sont bien peu de choses comparé à ce que Virginie Despentes a vécu. La façon d'écrire de Despentes, son style, n'est pas de l'épate. C'est le tracé d'une vie incroyablement dense. Sa franchise, son incroyable franchise à parler de sujets lourds et qu'elle connaît bien : il ne me reste plus qu'à m'asseoir et à l'écouter sans rien dire. Tout ce qu'elle m'apprend sur ce qu'être humain veut dire est phénoménal.
Face à ces deux oeuvres, je ne sais pas encore vraiment comment réagir. Il est encore trop tôt. Elles vont probablement modifier ma façon de voir ce que je fais, ce que je construis. Ce sont deux oeuvres puissantes, animées d'une énergie qui me semble bien plus intense et lumineuse que la mienne. Ma propre énergie a tout autant le droit à la parole, je le sais. Mais je veux continuer à me nourrir de ces coups de poing, me relever et m'en reprendre à nouveau.

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